[Billet] Le système des prix est un système de liberté

 

Par Marius-Joseph Marchetti,

Le système des prix, comme dans mentionné dans le titre ci-dessus, est un synonyme de liberté. Ou du moins, il est une condition nécessaire à l’existence des libertés les plus primaires, ce dont la plupart de nos contemporains n’ont pas conscience, eux qui fustigent facilement l’économie de marché. Ils souhaitent donc, en général, des formes d’organisation sociales plus “solidaires” (avec abolition du système de prix et de la monnaie, accusée de conduire à un règne de la marchandisation de l’homme).

C’est, en réalité, méconnaître le rôle des prix, qui est de poser une valeur (certes de manière imparfaite, qui rend la capacité d’ajustement indispensable) sur des biens produits sur le marché, comme le prix du travail, le prix du pain, les taux d’intérêt (à savoir le “prix du temps”). La seule alternative au système de prix est, en réalité le système de commandement, car seul un général, est amené à “dicter” un prix de manière arbitraire. On propose donc des programmes politiques e en alternative au système des prix, comme si un “prix juste” (ce qu’avait proposé Macron concernant certaines industries) pouvait exister. Mais cela n’est pas possible, car un choix collectif ne peut pas être déduit par une simple agrégation de valeurs individuelles (déterminé par le vote dans ces cas).

“Ainsi, la floraison présente des régimes de dictature ne peut être tenue pour fortuite. Elle est seulement l’aspect politique du mouvement qui a eu pour effet de remplacer le mécanisme des prix, instrument d’expression et de réalisation de toutes les volontés individuelles, si humbles soient-elles, par le choix autoritaire de l’homme ou du parti au pouvoir.”

Jacques Rueff, La crise du capitalisme (1936)

Les prix jouent un rôle de valeur d’échange contre des biens marchands, et loin d’être l’expression d’un monstre de déshumanisation, ces valeurs sont déterminées par la conscience individuelle de chacun, c’est-à-dire au sein d’une échelle de valeur qui a cours dans l’esprit d’un individu à un instant t. Cependant, comme le note les économistes autrichiens, ce sont les “prix psychiques” qui intéressent les agents économiques. Un entrepreneur, par exemple, peut embaucher son “bon à rien de neveu” (ceci est l’exemple utilisé par Murray Rothbard dans Economistes et Charlans) pour lui fournir une sécurité, même si il perd finalement en revenu monétaire. Or, sans l’existence de prix pour fournir une expression de la valeur des biens, on finit par poser un prix sur les hommes (par le bulletin de vote, par exemple) ou par l’obligation d’un unique dictateur qui décide de la forme de l’organisation sociale, et cela sans préavis. Voilà ce que les humanistes proposent : quitter le système où on l’achète les biens pour celui où l’on vend les hommes. Mais où est donc la liberté ?

Or, ce qui met nos contemporains dans l’incapacité de cerner la teneur entre le système des prix et celui des statuts, c’est que nous sommes aujourd’hui dans un système mixte, où l’Etat monopolise certains secteurs et offre des avantages à des sociétés qui n’existeraient pas sans son soutien. On peut donc comprendre la volonté de certains d’avoir des “prix justes”, même si cela devient risible lorsque cette affirmation provient des hautes sphères de l’Etat ou de grands industriels qui monopolisent le capital de tout un pays.

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