Poème : La brindille

Par Marius-Joseph Marchetti,

“Petite brindille à terre,
embusquée dans quelques champs des îles,
survit aux rouges cieux qui menace l’horizon.
Maltraitée au milieu des vers,
Elle se défend, marche sur un fil,
Et ainsi que sur le chemin, elle siège en long.

C’est cela, ce morceau divin,
ce bout de chapelet qui tombe de mes mains,
qui jonche le sol boueux,
celui des souillés, des corrompus,
ceux qui n’ont point jaugé le feu,
qui ont sombré dans les flux.

Malédiction des coeurs,
à chaque fois, ils succombent,
une autre ritournelle,
Rien qu’une vie de malheurs,
Et ne se retrouvent que dans la tombe,
comme au temps jadis des jouvencelles.

Et qu’appelle-t-on les amants maudits ?
Les âmes soeurs, les belles,
réunies trop tard, au milieu des conflits,
réunies maladroitement, dans l’Eros fulgurant,
réunies ailleurs, sous les rougeâtres airelles.
Qu’elles étaient belles, flanc contre flanc.

Ô lumière vacillante,
Lutte ardemment pour sauver son don,
Il est ta vie, il est ta peine,
Car cette cognition qui est tienne
Te protège des faux-bons,
des avilis et des régentes,
des Machiavel et des Lucifer.
Car s’il y a un démon en ici-bas,
tu n’es pas condamné aux Enfers,
car c’est un petit dieu qui est en toi.

Mais n’est ce pas point cela,
ce cosmos, cet agrégat,
cette beauté qui te rend las,
cet éternel qui prend le pas,
N’est-ce point cela,
qui fait la bonté de ton âme ?
Celle qui protège un bien,
qui protège mes sens,
qui protège ce paradis,
celui qui me fit tien ? »

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