Billet : Qu’est-ce que les élections peuvent nous apprendre sur l’étatisme ?

Par CorsicanLibertarian,

Hier, les réseaux sociaux nous auront permis de relever 3 types de personnes :

  • -Celles qui, indubitablement, ne se remettaient toujours pas de la victoire de Donald Trump, et donc par définition soutenaient Hillary Clinton. Nous avons pu voir passer le moment de joie de ces étatistes de catégorie A, à un pur moment d’effarement, lorsque dans la nuit dernière, les tendances du vote se sont inversées.
  • -Celles qui, apparemment, ne pouvaient que se réjouir de la victoire de Trump, les étatistes de catégorie B (oui, étatiste, car on ne peut jamais être qu’étatiste lorsque l’on se réjouit du nouveau maître sur le trône), eux, ont bien montré leur « joie » de pouvoir « écraser » leurs adversaires, claironnant et chantant.
  • -Et enfin, il y a celles dans laquelle je me trouve, avec les libéraux, libertariens, agoristes,passivistes et les anarchistes qui n’auraient pas encore perdu la tête et ne se seraient pas reniés pour contempler une nouvelle idole. Celles qui connaîssent intrinsèquement la malfaisance du pouvoir ; celles qui savent que la seule maigre consolation à voir élu Donald Trump est qu’il sera un peu moins va-t’en-guerre que Hillary Clinton ; celles qui savent que l’intérêt naturel de toute personne qui touche le pouvoir est de le faire croître.

Les deux premières catégories de personnes nous informent sur quelque chose, qui, étrangement me donne un étrange goût de jacobinisme et de centralisme en bouche. Pourquoi, me-direz-vous ?

Chaque étatiste, selon ses propres aspirations, a montré ces deux tendances : l’envie de ne pas se voir imposer le candidat majoritaire d’autrui, et celle d’imposer le sien si il l’était. Lorsque Hillary était en tête, le camp Démocrate et leurs tenants se réjouissaient : traité, monnaie, guerre, tout resterait pareil, en mieux (ou pire). Maintenant que Donald Trump est élu, le camp adverse, dans sa trame locale par exemple, en bon jacobin qui s’ignore, fait fi du système politique et demande au nouveau commandant du Dieu-État Fédéral d’intervenir pour limiter les disponibilités des 50 États, bien plus autonomes que nos régions, vu que chacun vote par exemple des lois qui lui sont propres tel que sur le port d’arme, les drogues, la peine de mort, un certain nombre d’impôts, etc.

Par exemple, ceux qui se battent pour une plus grande décentralisation ici sont pour que Trump annule la législation adoucie des drogues votée par différents États hier tel que la Californie, le Nevada, la Floride, le Dakota du Nord, la Virginie … Remarquez donc l’ironie. Les étatistes de catégorie B sont prêts à rendre inutile la Constitution américaine lorsque cela sert leur propre intérêt (prohiber les drogues), mais font une levée de bouclier dès que les étatistes de catégorie A tentent de passer outre la Constitution lorsqu’ils souhaitent légiférer sur le port d’arme. Ironie, que la drogue la plus dangereuse au monde, soit inhalée par tous les partis du monde, qu’elle se nomme Pouvoir, et que tout le monde tente de déréglementer celle-ci. N’est-ce pas ?

Les étatistes apprécient donc de limiter le pouvoir, pourvu que ce ne soit pas le leur. C’est un détail réellement important, qui ressort notamment à la lecture du livre Du Pouvoir de Bertrand de Jouvenel :

« Quant à l’équilibre des pouvoirs, nous avons pu être dupes à ce prestige … s’écrit Robespierre, mais à présent que nous importent les combinaisons qui balancent l’autorité des tyrans ! C’est la tyrannie qu’il faut extirper : ce n’est pas dans les querelles de leurs maîtres que les peuples doivent chercher l’avantage de respirer quelques instants ; c’est dans leur propre force qu’il faut placer la garantie de leurs droits. » [1]

« En d’autres termes : nous étions partisans de limiter le Pouvoir quand d’autres le possédaient ; dès lors que nous l’avons, il ne saurait être trop grand. » [2]

Je vous le prédis donc, nous verrons dans les étatistes de catégorie B, comme nous avons pu le voir chez les étatistes de catégorie A lorsque Obama a voulu voter des lois restrictives sur les armes, que la Constitution est anti-démocratique car elle s’oppose à la volonté du peuple (la leur). C’est oublier que « la démocratie est à la liberté ce que Judas était à Jésus ». [3] C’est oublier que l’absolutisme populaire est un absolutisme, et que tout pouvoir, d’où qu’ils viennent doivent être borné, car chaque nouvelle majorité tente d’imposer ses propres moeurs et c’est pour cela que Vladimir Volkoff déclara :« Par définition, la démocratie ne se reconnaît pas de limite »[4]

Absolutisme technocrate ou absolutisme populaire ? Aucun ne se résoudra à choisir dans la Troisième catégorie, car le Pouvoir restera toujours l’éternel maladie des peuples, d’où qu’il vienne. Nous nous reconnaîtrons plus facilement dans la notion de Contrat social, légitime, lockéen, proudhonnien :

« On reconnaît dans la centralisation préconisée par les Jacobins l’influence de l’instinct populaire, plus facilement saisi de la notion simple de pouvoir que de la notion compliquée du contrat social. »

[1] Discours de Robespierre à la séance du 10 mai 1793
[2] Du Pouvoir, Bertrand de Jouvenel commentant les propos de Robespierre
[3] Pierre-Joseph Proudhon
[4] Pourquoi je suis moyennement démocrate, Vladimir Volkoff
[5] La Révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre

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