Billet – Lettre à l’avenir

Par CorsicanLibertarian,

Chers lecteurs et lectrices, réguliers et moins réguliers, je vous dédie en ce jour ce message. Pourquoi vous écrire, spécifiquement en ce jour ?

Jour après jour, je vois nos libertés se réduire lentement, comme une peau de chagrin. Voilà 3 ans, que, cohabitant avec une philosophie de liberté, je vois mon pays sombrer : La France, auquel on m’a enchaîné de force, et la Corse, abattue, du haut des miradors par les Oints du Seigneur qui se font hommes de peuple.

Je les vois, ces nations composites, en quête d’indépendance, inexorablement attirées vers la servitude pour peu que leur maîtres, anciens ou nouveaux, leur donne quelques bouchées : c’est La Boétie qui me l’a dit, ce sont mes contemporains qui me l’ont prouvé. Ils ont Rousseau dans la gorge et Robespierre au bout des doigts, sanglant du jacobinisme qui asservit nos terres. C’est le despotisme qui coule sur nos têtes, jour après jour, doux comme la caresse d’une main délicate sur notre peau frêle, mais non violente, nous ceinturant le corps et nous balafrant le coeur !

J’ai vu avec Tocqueville le despotisme de nos sociétés démocratiques ; avec Bastiat ce que les hommes voyaient, et même ce qu’ils ne voyaient pas ; avec Spencer, que la politique de l’autorité est la plus néfaste et barbare qui soit ; avec Kant, que nous n’étions pas des moyens, et seulement des fins ; avec Rand, que celui qui produit pour autrui sans y avoir consenti est un esclave ; enfin, seul devant une étendue d’individus perdant leur âme et leur goût de vivre, je vois le parasite, invisible, mais rampant sur les corps. Ce parasite, il est grand temps de l’abattre.

Parasite, c’est le nom que je donne à ce qui est politique. A cet homme que vous adulez ou détestez, mais qui, sous couvert d’intérêt général, vous fera porter le poids du monde, tel Atlas. Le parasite, c’est celui qui, non content de ne point avoir découvert le feu par lui-même, vous châtiera et vous dévorera pour le restant de votre vie. Ce n’est pas de l’altruisme. Ce que vous subissez tous les jours, ce n’est pas de l’altruisme. Ce n’est pas de la solidarité, c’est de la coercition. Ce n’est pas de la générosité, c’est un vol en bonne et due forme. La bienfaisance, si elle m’est imposée par la morale, ne constitue cependant pas un droit politique quelconque contre ma personne. Elle est consentement.

Faisons preuve de discernement : L’Etat, c’est l’expression de la guerre des hommes. C’est l’Etat qui fait les privilèges, c’est l’Etat qui fait les classes, c’est l’Etat qui fait les luttes. Soutenir l’Etat, c’est s’accorder à ne point vouloir jouir de son droit sans nuir à celui d’autrui, et réciproquement. L’Etat est une fiction, et comme toute fiction, il est dangereux. Cette fiction, c’est celle de Hegel. L’Etat, Idée divine, Raison parfaite, Alchimiste de joie moulant les peuples avec tous les plaisirs que peut lui fournir son entreprise ; Ingénieur social, maître de tous les biens, définissant la propriété comme la propriété commune de tout le monde sur le monde, et orchestrant ainsi la formation d’une vaste masse d’esclave.

L’armée de réserve, elle est là, elle fait la queue, prêt à apporter toutes les jouissances aux apôtres de l’Etat. Ironie ! Vous vouliez l’Etat pour détruire les classes ! Mais n’avez-vous point vu que c’est le pouvoir qui détruit l’harmonie, fait pulluler les parasites, et vous fait esclaves d’un pouvoir plus grand encore ! Vous avez raison lorsque vous dîtes que le communisme n’a jamais existé. Mais vous avez tort si vous pensez qu’il peut exister en passant par la Totalité Sociale. Le jacobinisme est père du stalinisme, l’Idée divine hégelienne sa mère. Le communisme par le haut aura toujours les mêmes parents, et donc les mêmes dérives.

Donc, Etat socialiste ou Etat capitaliste ? Qu’avons-donc nous à faire de l’Etat ? Qu’avons-donc nous à faire de cette agression constante ? L’Etat est tout impérialiste : il conspue les intérêts, souille les valeurs, détruit les langues, tourne vers nous ses canons ! Réitérais-je, qu’avons donc nous à en faire ? L’Etat, c’est l’expression de la barbarie, c’est le colonisateur des nations libres, le créateur des fallacieuses. Plus que notre corps, c’est aussi notre âme qu’il emporte.

Chers lecteurs, chers lectrices, je finis cette lettre ainsi. Un pamphlet, encore un. Pensez-vous, pourquoi serait-ce différent ? Je ne peux, en ce jour d’octobre, que vous souhaitez de trouver un jour la paix sous des cieux qui ne soient servitude. Y-arriverais-je un jour ? Probablement pas. Je ne puis perdre de vue mon île, et des étatistes qui y pullulent, ces fameux Oints du Seigneur. La doctrine de la liberté n’a jamais été autant mise à mal en celle-ci, et il semble que toutes les forces vives s’enfuient au fur et à mesure. L’ironie de mon pays, c’est que malgré toutes ses luttes pour l’indépendance, il ressemble au votre, en tout ce qu’il contient de pire. Mes chers camarades, gardez espoir !

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