Dossier : La stratégie parasitaire ou le délitement de notre société (1ère partie) :

Par CorsicanLibertarian,

 

 

Qu’appelle-t-on en général un parasite ? D’une manière simple, disons qu’un parasite est un simplement un organisme qui vit au détriment de l’hôte qui l’héberge, souvent involontairement.

 

 

La stratégie du parasite en politique est simple : Accumulez les forces vitales de l’hôte. Mais quid de ce fameux paradoxe qui veut que le parasite est coincé dans ce paradoxe des inter-échanges contraints qui veut que lorsqu’il absorbe la force de son hôte, il le contraint à réduire ses activités productrices et donc s’affame lui-même ? Le parasite non désiré est donc une contradiction de nature puisque sa seule manière de survivre est en quelque sorte de se détruire.

 

 

Nous userons ici d’une analogie avec l’organisation biologique et considérerons la société comme un organisme vivant et productif (qui cependant n’est pas guidée par une fin unique mais une multitude de fins). Nous ferons référence à plusieurs auteurs tels que Bertrand de Jouvenel, Herbert Spencer, Carl Schmitt, Albert Jay Nock et d’autres encore pour appuyer notre thèse.

 

 

Plusieurs fois, le “Old-Rightist” Jay Nock fait la distinction entre ce qu’il appelle la “sphère spontanée” et la “sphère coercitive” de la société. La sphère spontanée ne représentant rien de moins que la société et l’ensemble des manifestations qui la composent, et la sphère coercitive rien de plus que celle qui vit au détriment de la première. Il est souvent dit ou argumenté que l’Homme est intrinsèquement un loup pour l’Homme ou que la société et la civilisation ne peut exister que car l’Etat existe. C’est presque toujours l’inverse qui est vrai car les parasites se développent toujours sur des corps initialement sains et non le contraire. De la même manière, dans son Nomos de la terre, Carl Schmitt explique que le Droit découle de l’usage que l’on fait de la terre et la nature en général, l’homme libre et juste étant donc attaché à la Terre : « En premier lieu, la terre féconde porte en elle-même, au sein de sa fécondité, une mesure intérieure. Car la fatigue et le labeur, les semailles et le labour que l’homme consacre à la terre féconde sont rétribués équitablement par la terre sous la forme d’une pousse et d’une récolte. Tout paysan connaît la mesure intérieure de cette justice. ». Il est intéressant de voir que justement, aucun parasite ne vit de la nature (antinomique avec la définition même de parasite) mais seulement de ce qui vivent du produit de leur travail mélangé à la nature. Le parasite est donc un “Hors-le-Droit” qui vit aux dépens de ceux qui le respectent, son principe d’existence repose sur une loi anti-naturelle, à savoir détruire son destin en le préservant.

 

 

Le principe du pouvoir politique, quelque soit sa forme, repose sur un système de parasitage particulier. D’abord parasitage, car l’Etat bien souvent crée un oxymore, à savoir que c’est un “Révolutionnaire Conservateur” comme le dit Bertrand De Jouvenel dans Du Pouvoir. L’Etat est “Conservateur”, car comme tout parasite, il doit viser à maintenir les structures qui le substantent, mais il est “Révolutionnaire” car il laisse des séquelles importantes à toute Société qu’il ponctionne et brise donc un grand nombre de liens sociaux qui faisaient auparavant partie indispensable de tout le corps social. Et ce que l’Etat détruit par le vol, il doit tenter, pour sa propre survie, de le restaurer par l’autorité croissante. Il n’est pas étonnant que les sentiments chrétiens d’altruisme individualiste qui maintenaient les institutions charitables est perdue souche à l’après-guerre avec l’apparition de l’Etat-Providence et qui a plus tué la solidarité que soutenue.

 

 

Il nous faut donc imaginer la société comme suit : un ensemble de manifestations et de fins qui se croisent et s’entremêlent, et le parasite comme, non pas un mais deux ensemble. Le parasite est à la fois une excroissance sur le corps et dans le corps. Il se nourrit et croit sur celui-ci, et modifie par sa présence une partie des tissus organiques, (entendez liens sociaux).

 

 

C’est là toute la finesse des parasites politiques, à savoir qu’ils s’assimilent aux corps sains, en les détruisant certes, mais en se donnant cependant une apparente utilité et voire même productivité. Le corps, tombant malade, voire en désuétude, s’attaque au symptôme plutôt qu’au mal, puisque le mal s’est magnifiquement bien camouflé et ressemble plutôt à un bien. En réalité, nous nous retrouvons face au mal dénoncé par Thomas Sowell, que le désastre de l’intervention publique engendre davantage d’intervention publique.

 

 

Que fait donc le Pouvoir, pour s’assimiler au Peuple et aux Individus ? Il se mêle. Il fait reposer son vol sur le plus dangereux des mysticismes et la plus méprisable des superstitions politiques : “moi l’Etat, je suis à la fois le Peuple et Son Guide”.

 

 

Le plus dangereux des prédateurs est entré dans la bergerie.

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