Dossier – Le revenu de base, une libération ? La même chose, mais en pire ! (Dernière partie)

Par CorsicanLibertarian,

 

 

Chers lecteurs, clôturons donc notre dossier sur le revenu universel, ce « socialisme du XXIème siècle » comme certains, avec raison, le surnomment. Le dernier argument utilisé par la défense du présent projet est celui-ci : Le travail n’est plus une obligation, tout le monde peut « contribuer à la société » autrement que par la marchandisation, tout un chacun pouvant se livrer à des loisirs lui permettant de « s’élever ». Le problème de ce raisonnement est que le processus de production en est complètement absent. Pour produire un revenu de base, il faut CRÉER un revenu de base ! Fournir un revenu obligatoire signifie être dans l’obligation de produire une somme de valeurs à une hauteur similaire. Il est donc faux de dire que le travail ne sera plus une obligation, puisque la base de ce revenu minimum repose justement sur le revenu des productifs ponctionné par des impôts. Il est faux de prétendre que ce qui est donné par le revenu, est repris par les impôts et donc fournit son refinancement. Cela signifie, vulgairement, que nous ne faisons rien d’autre que brancher une multiprise, sur cette même multiprise. C’est la fameuse fraude du multiplicateur keynésien, plus on dépense en argent public, plus les gens consomment, le revenu national augmente d’autant, ce qui fera plus de recettes fiscales l’année suivante, et qui financeront des dépenses publiques plus élevées, ect …. Vous pouvez apercevoir le manège de Zébullon. Si la hausse de ce revenu permet de le refinancer, faisons-le aller croissant et permettons à tout un chacun d’être indépendant … sur le papier. Le revenu de base repose sur l’impôt. Or l’imposition, comme le dit Nozick, « est sur un pied d’égalité avec les travaux forcés. » Bien loin de résoudre le problème du travail, le revenu de base accroît un paradoxe, celui de devoir payer une absence de travail par une nécessité de travailler. Ce n’est pas pour rien que les défenseurs du communisme, dont le but premier était d’améliorer le sort de l’humanité et de s’émanciper grâce à la collectivisation, s’exprimaient sans langue de bois ainsi, comme le rappelle le suisse Frédéric Jollien juste ici.

 

« Dans un discours quasi identique à celui des partisans du RBI, Charles Fourier disait : « Il faut que le peuple jouisse d’une garantie de bien-être et d’un minimum pour le temps présent et à venir, et que cette garantie le délivre de toute inquiétude pour lui et pour les siens » mais contrairement au RBI, il exigeait la totale obéissance et le travail obligatoire. « Celui qui ne travaille pas est un voleur » était la devise  que voulait inscrire Louis Blanc, successeur de Fourier, dans toutes les usines collectives de son socialisme. »

 

Le revenu minimum doit reposer sur une masse d’impôt qui sont autant de destruction de richesse (car ils détournent la production de structures productives plus effectives, et empêchent même certaines activités d’émerger) et donc d’heure de travail supplémentaire nécessaire à effectuer pour maintenir son niveau de vie. On nuit donc à l’émancipation de chacun, loin de la favoriser.

 

Il se pose une question que les défenseurs n’abordent pas souvent. Comment sera modulé le revenu de base ? Il peut être fixé arbitrairement à un niveau X, indépendamment des recettes fiscales, si bien qu’en cas de charges trop élevées (ce que n’empêchera nullement le revenu universel, bien au contraire), l’effet Laffer accourera aussitôt, et 2 options apparaîtront : l’éternelle hausse des impôts et l’éternel déficit public pour préserver un système qui vît au-dessus de ses moyens. Imaginons que pour pallier à cela, on indexe le revenu universel sur le montant des recettes fiscales. Nous nous retrouverons avec, de nouveau un Effet Laffer (baisse des recettes fiscales due au niveau excessif des impôts : et une flat tax, si le taux de prélèvement obligatoire reste élevé, ce que garantit le revenu universel si on souhaite la « dignité humaine de chacun », comme j’ai pu l’entendre, ne peut guère que le minimiser en répartissant mieux des charges excessives) compensée par une baisse du niveau du revenu universel. Cette baisse sera suivie, à n’en pas douter, de revendication pour la réinstauration de l’ancien système, c’est à dire d’aides sociales en complément au revenu universel amoindri. Les recettes fiscales seront amoindries, car les individus font un arbitrage travail/loisir et que le revenu universel place l’arbitrage très hauten faveur du loisir, qui est une consommation et donc une destruction d’un bien et d’une diminution d’un temps de production sue lequel repose l’impôt et donc le revenu de base.

 

Le revenu de base est-il un modèle d’émancipation ? Il n’y a que la liberté, celle-là qui « brise tous les modèles », qui puisse résoudre le problème social. La liberté reste le meilleur programme anti-pauvreté que nous n’ayons plus essayé.

 

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