Billet – Le libéralisme et sa tradition française

Par CorsicanLibertarian,

 

Les traditions intellectuelles françaises (je pense aux traditions politiques et économiques en l’occurence) sont très intéressantes et variées à tel point qu’elle vit dans un paradoxe constant.
Paradoxe car depuis des siècles, les populations de nationalité française vivent sous le joug des idées perpétuelles du jacobinisme, du centralisme, du colbertisme et de l’ingénieurerie sociale.

 
Paradoxe encore, car l’École française d’économie, méconnue dans une grand part dans les lieux qui ont observé son émergence, est connu de manière bien plus poussée dans d’autres pays comme aux États-Unis, où le nom de Frédéric Bastiat n’y est pas inconnu. Je pense encore à toute cette tradition, n’ayant pour autre phrase, face à Colbert, que « laissez-faire, laissez passer ». Je repense à Turgot, à Passy, Boisguilbert, Guyot, Jean-Baptiste Say, dont l’esprit aura traversé la Manche pour éblouir ses voisins britanniques, ainsi que ses différentes querelles avec Malthus et Sismondi. Je repense encore à Cantillon, et au fameux effet qui porte son nom, observation fameuse si il en est, qui encore aujourd’hui, illustre élégamment les dégâts que ce pays subît du fait de sa politique monétaire.

 

Je repense à cette tradition politique libérale, en opposition aux constructivistes, jacobins, socialistes d’État. À Condorcet, sa conception du Droit, universel, supérieure au souverain et aux coutumes, intrinsèque à l’Homme, ainsi qu’au paradoxe de son nom qui montre les problèmes inhérents à nos systèmes démocratiques, que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de théorème d’Arrow. Je repense aux invectives de Bastiat contre la colonisation, à cette opposition persistante contre l’esclavage. Je repense aux pamphlets de Passy pour la paix, cette querelle incessante contre les volontés guerrières qui animent les hommes. Je repense à la première lutte des classes qui est l’oeuvre de « bourgeois » loin d’être marxiste, qui étaient Charles Comte et Charles Dunoyer. Je pense encore aux Scolastiques durant le Moyen-Âge, à Saint-Thomas D’Aquin …

 
La grande tradition libérale française, qui ne pouvant être ternie, a été bien plutôt dissimulée. On lui a préféré les grandes thèses des ingénieurs sociaux, de l’impérialisme, de la suprématie des races, de l’organisation de l’économie.

 
Voilà donc tout le paradoxe et tout le sens de la formule. La France possède l’une des plus grandes traditions libérales, mais c’est aussi dans ce pays que l’on a le plus embrassé les thèses du pouvoir, où l’on a le plus asservi les nations avoisinantes, où l’on a le plus bercé les individus dans un collectivisme aigre dans le but de faire disparaître les institutions qui leur étaient chères . À croire, qu’effectivement, on ne décrit jamais mieux l’enfer que lorsqu’on y vît.

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