Une société sans conflits est-elle souhaitable ? (Approche 2)

Par ChuckNoel

Il s’agissait d’un texte écrit dans le cadre d’un débat organisé par « L’Association des belles lettres », CorsicanLibertarian avait déjà répondu à cette question brillamment, mais je tenais néanmoins faire part de ma conception à ce sujet. Ce sujet semble intéressant à première vue dès lors qu’il met en avant le conflit et la Société. Ce qui m’est revenu à me poser les questions suivantes : Une Société unique est-elle une valeur absolue ? Qu’est ce qu’un conflit ? La nécessité du conflit ?

L’approche historique m’a semblé être la plus adéquate pour répondre à un sujet très vaste et comme je le présenterai peut être dans son intitulé trompeur ?

Voyage au coeur de l’Histoire !

I –La société unique n’est pas une règle absolue.

 

Dès l’Antiquité les penseurs grecs avaient déjà développé l’idée d’une « Cité idéale », on pense à Platon qui dans sa « République », décrivait une société-État hiérarchisée fondée sur le règne de la Philosophie et de la Loi. Mais Platon ne définit pas la circonspection de cet État. Par Société, il faut également parler d’État au sens institutionnel.

 

Encore sous l’Antiquité, la Grèce antique a été marquée par la profusion de législateurs qui prétendaient régler les conflits, on peut parler du célèbre législateur Solon.

 

Cicéron sous la Rome Antique reprendra l’influence Grecque et développera la « cosmos polis », qui est une société universelle fondée sur la paix, plus tard l’Église catholique utilisera cette prétention.

 

Jusqu’ici, il a été présenté des exemples de Sociétés universelles dont chacun des penseurs qui ont développé cette idée parlent d’une Société unique.

 

Une société est une entité constituée d’une somme d’individus sur un territoire donné, et selon le courant de pensée, soit les individus adhèrent librement, soit, si on reprend l’idée de Rousseau, la société est un fait les individus sont fondus dans ce qu’on appelle le corps social, il s’agirait d’une addition de civismes, autrement dit ce n’est pas l’Homme qui fait la société mais la société qui fait l’Homme.

 

Le premier ce sera le contrat social modéré développé au 17ème siècle par John Locke. Ce contrat tire sa source de l’Antiquité notamment d’Aristote, Protagoras ainsi que toute l’École du Jus naturalisme qui avaient développé l’idée d’une âme unique inhérente de la personne humaine. L’individu est conceptualisé. Aristote va rappeler l’existence de droits et libertés naturelles immuables qui s’imposent à tout pouvoir politique, avec quelques nuances selon le type de société, en effet, Aristote a une conception de la société plurale. Il n’y a pas une société unique, mais des sociétés dont les règles, toujours sous l’égide des droits et Libertés naturelles, varient selon le territoire plus largement par le contexte d’une société donnée. Aristote fera relever plus de 150 constitutions dans le monde.

 

John Locke reprendra cette idée de sociétés plurales, en développant cette idée de contrat conclu par des individus libres et éclairés et dont chacun est libre à tout moment de quitter ce contrat, à défaut de résister à l’oppression. Il s’agit d’un contrat conditionnel ! Ce contrat a pour objet la création d’un pouvoir et d’institutions politiques garants des droits et libertés naturels, il s’agit de palier à l’insuffisance et l’incertitude de la garantie de ces droits et libertés naturels qui existeraient dans ce que Locke appelle l’état de nature. Cette mission de garants passe par une Loi, au sens large, c’est-à-dire une Loi qui constitue le socle fondamental du contrat : la Constitution. Elle a pour mission de Limiter le pouvoir politique et lui attribuer les missions nécessaires à la garantie à ces droits et Libertés naturels. Ces constitutions comme pour Aristote sont plurales, leurs modalités varient d’un contrat à l’autre.

 

Toute cette démonstration permet de démontrer qu’il n’existerait pas de prima abord d’une Société unique universelle, mais en réalité de plusieurs sociétés. La question serait alors erronée et il faudrait la reformuler de la manière suivante : Des sociétés sans conflits sont-elles souhaitables ?

 

II –La Liberté conditionnée à l’existence de conflits.

 

La Société « Lockéene » conditionnelle fondée sur le Droit, la résolution des conflits internes se fait par le Pouvoir judiciaire séparé des fonctions du pouvoir politique à proprement dit : le législateur, ces deux pouvoirs correspondent à la fraction du pouvoir que les individus ont consenti de déléguer conditionnellement ces pouvoirs.

Au niveau externe la résolution des conflits a été développé par l’École du droit naturel, notamment Grotius et Pufendorf. Ces auteurs ont développé l’idée d’une résolution pacifique des conflits entre sociétés, c’est-à-dire avant tout conflit violent. Ce qui nous reviens à définir le conflit, celui-ci se décline sur plusieurs degrés, le conflit peut être violent et de facto contrevenir aux droits et Libertés naturels ou être tout simplement le résultat d’une divergence d’intérêts, d’opinions sur un sujet donné et ce sans que cela contrevienne au droit naturel.

 

Kant tentera plus tard dans son projet de paix perpétuelle de définir l’idée d’une société totalement pacifiée, sans conflits, il critiquera par ailleurs les modes de résolution pacifique des conflits de Grotius et Pufendorf. Malgré tout, le conflit semble être effacé seulement dans le cas de société unique, mais une telle société nierait les différences entres les individus.

 

Ce qui revient à dire que le conflit est inhérent aux sociétés plurielles et même au sein d’une de ces sociétés le conflit existe, ne serait-ce qu’entres individus, les conflits violents réprimés par le pouvoir judiciaire qui prononce une peine juste à proportion de l’atteinte faite aux droits et Libertés et naturels, tandis que les conflits « d’intérêts », d’opinion, de commerce etc… c’est à dire les conflits conformes aux droits et libertés naturels seraient résolus par les individus entres eux. Supprimer ces conflits, c’est supprimer les individus qui composent la société conditionnelle, une société qui prétendrait supprimer toute forme de conflit serait une société totalitaire, c’est l’idée qui est développé à plus ou moins forte échelle dans les systèmes « socialistes », systèmes prétendant purger le corps social de ses mauvais éléments et donc supprimer le conflit. C’est l’idée que Rousseau a développé dans son « Contrat social » de 1762.

 

La société conditionnelle qui se constitue en réalité en communauté de Défense contre les transgressions faites au droit naturels, en effet ces droits visent à la conservation de l’espèce humaine.

Ainsi, le conflit est inhérent de la personne humaine : de l’individu ou d’un groupe d’individus voir la communauté de défense toute entière. Si le conflit doit être supprimé ce n’est que pour les conflits violents portant atteinte aux droits et libertés naturels. En revanche, si le conflit est d’une autre nature comme une divergence d’opinions, ou tout simplement une divergence d’intérêt autrement dit une mise en concurrence des individus sur un marché libre, le conflit est indispensable.

 

À ce moment là le conflit c’est la Liberté ! Ainsi, une société unique, voir une des sociétés prétendrait effacer toute forme de conflit, cela signifierait qu’on se trouve dans un régime TOTALITAIRE !

 

Oui, un conflit est souhaitable dans des sociétés d’individus !

 

 

 

 

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