Une société sans conflit est-elle souhaitable ?

Par CorsicanLibertarian,

S’il est une question qu’il est digne en ce jour de se poser, c’est bien celle-ci : Une société sans conflits est-elle préférable ? Si les objectifs de bien-être de l’humanité et de paix ne sont plus aujourd’hui à définir, il est important de se demander si ceux-ci ne sont pas antinomiques avec l’existence de conflits dans la société.

Les conflits sont-ils néfastes au bien-être de l’humanité ? Une dynamique conflictuelle peut-elle se révéler bénéfique au bien-être de l’humanité ?
La réponse est complexe, et nous ne pouvons répondre totalement à l’affirmative ou totalement à la négative. Il est évidemment des conflits dans la société qui peuvent être nécessaires dans la société pour maintenir ou restaurer des Droits violés. Cependant, nous ne sommes pas assurés que certains conflits, dont les intérêts de base peuvent être louables, ne créent pas plus tard des formes de sociétés néfastes. Nous pensons par exemple à la Révolution française de 1789, dont l’objectif était la fin d’une société d’Ordres statiques et d’une revalorisation de la Souveraîneté du peuple basée sur la Raison. Or ce changement, nécessaire, n’a orchestré qu’un simple déplacement d’ un pouvoir qui était au final tout aussi arbitraire et qui a formé La Terreur.

Nous pouvons également penser aux conflits doctrinaux : un débat d’idées, par exemple, est une forme de conflit, une opposition entre des idées qui diffèrent sur le fond et sur la forme. Une opposition entre des doctrines aussi fondamentalement opposé que le libéralisme ou le communisme, ou des différences minimes au sein de même courants politiques comme le marxisme ou la plus modérée social-démocratie, représentent des conflits intellectuelles. Ces conflits, dans l’évolution de la société sont éminemment préférables à la staticité d’un paradigme, selon la manière dont ils se manifestent néanmoins. Prenons la liberté d’expression et d’opinion : la plus pure des libertés d’expression, qui permettraient la diffusion et le circulation des pensées contraires, loin d’être pacifique puisqu’elles consistent en l’attaque de la systématisation de la pensée d’autrui, serait bénéfique, car elle permet à l’ensemble de la société d’avancée. Si l’on brime la pensée d’une certaine doctrine, on établit point la vérité dans la société. Tout au plus, nous la masquons, et loin s’en faut, nous établissons des martyrs chez les défenseurs doctrinaux que nous avons brimés. Le conflit existe toujours, il s’est déplacé, mais le bénéfice de la société s’est effacé derrière l’arbitraire de la loi et la censure. Comme le dit John Milton dans Areopagitica : “Même si l’on laissait souffler sur la terre tous les vents des doctrines contraires, dès lors que la vérité aussi se trouve parmi elles, on aurait grand tort de permettre et d’interdire, car cela reviendrait à jeter un doute sur la force propre de la vérité. Laissez-la s’empoigner avec l’erreur. Qui a jamais vu la vérité avoir le dessous dans une controverse libre et ouverte ? Réfuter librement l’erreur est le plus sûr moyen de la détruire.

La thèse des conflits et des luttes est également bien présente chez les marxistes, pour qui les conflits résulte de la propriété privée. L’homme, chez les partisans du matérialisme historique, vit naturellement dans l’abondance, et c’est l’institution de la propriété privée dans la société qui occasionne la rareté, la pauvreté et l’exploitation de certains hommes par d’autres. La propriété privée est donc au coeur des conflits, et seul son abolition à terme pourra permettre l’abondance chez les hommes et le retour de la paix. Les conflits se livrent entre classes, et c’est l’appartenance à une classe qui caractérise l’état d’esprit de tout individu y appartenant dans la dénomination marxiste. Ainsi, la critique marxiste des libéraux est qu’ils ne sont libéraux que car c’est leur intérêt de classe de l’être, et aucunement la constitution de principes découlant de la cognition et des lois de la nature qui en seraient responsables. Ainsi, dans la dogma marxiste, le conflit peut-être bénéfique, par exemple via la dictature du prolétariat dans le but de libérer l’ouvrier aliéné de l’emprise des capitalistes qui l’exploitent en ne le payant que pour qu’il puisse avoir une subsistance et rien d’autre.

La réponse des libéraux à cette thèse du conflit est que la propriété privée légitime, loin de nuire au bien-être de l’humanité et à la paix, est la condition essentielle à la civilisation et dans le but de permettre à l’humanité d’atteindre le plus bien-être possible. SI le conflit existe dans le système de marché, il est non-agressif et permet le développement des facultés humaines. Pour les libéraux, si les conflits ne sont pas forcéments néfastes à la société, c’est le cas de l’agression qui nie la propriété de soi que chaque individu sur lui-même, et ralentit les conditions d’améliorations des conditions de vie matérielle et intellectuelle des individus.

De cette observation, nous pouvons en déduire qu’il existe 3 types de conflits : des conflits non-violents, des conflits violents mais légitimes (la légitimité variant cependant d’une doctrine à l’autre), et les conflits agressifs (résultant de la négation de l’inéliabilité de la volonté humaine et de l’intégrité physique d’un individu).

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