“Voter pour le public, c’est agir contre le public” :

Par CorsicanLibertarian,

Voilà la formule utilisée par Milton Friedman dans une interview où il remet en cause le fait que voter pour “l’intérêt général” est réellement bénéfique pour tout un chacun. Il explique, avec les outils de l’Ecole du Choix Public, que le vote est bien souvent utilisé par des castes minoritaires pour leur propre bénéfice et au détriment du plus grand nombre, contre toute attente.

Prenons un exemple : une subvention pour les agriculteurs financée par l’argent des contribuables. Par contribuable, la somme est modique (quelques euros) et militer dans le but de mettre fin à la taxe finançant la subvention leur coûterait bien plus individuellement (en manifestant, par exemple, ils perdraient en temps de travail et de loisir, ce qui leur coûterait plus que de mettre fin à la subvention ; les contribuables verraient leur bien-être diminuer). L’exact opposé est vrai pour les agriculteurs. Les agriculteurs ont intérêt à se constituer en minorité active (cela constitue pour eux un moindre coût) et d’acquérir des subventions financées par des taxes (ce qui leur permet d’obtenir un important bénéfice de leur militantisme). En somme, le marché politique est constitué de tel sorte qu’il encourage l’augmentation des dépenses publiques. Les différentes minorités liées au pouvoir ont un grand intérêt à voir son rôle augmenter, mais les contribuables, étant une population plus importante, voient le coût de ces mesures diluées dans leur nombre plus important. Imaginons qu’il y ait 10000 agriculteurs et 10 millions de contribuables, pour une subvention totale de 100 millions d’euros. Chaque agriculteur se voit recevoir une somme de mille euros et chaque contribuable se voit retirer la somme de … dix euros.

C’est ainsi que nombre de groupes de pression se sont formés, les politiciens étant motivés par le fait d’être réélu et les différentes castes par le fait de bénéficier de marchés fermés et de place garantis. Ainsi, voter, c’est d’abord accepter un panier de biens déjà déterminé. L’électeur choisi donc le panier avec le meilleur rapport coût / prix (monétaire comme psychologique, le panier qui lui apporte le plus d’utilité). Ainsi, on ne vote pas pour le public, mais contre le public, chaque électeur essaye de maximiser ce qu’il obtiendra et de minimiser ce qu’il paiera ( et donc de minimiser ce que les autres obtiendront et de maximiser ce qu’ils paieront), si bien que toute personne se retrouve à financer des biens politiques qu’ils souhaitent, mais surtout des biens politiques qu’ils ne souhaitent pas, mais qu’ils devront tout de même financer. Malheureusement, l’ignorance rationnelle des électeurs accroît cette tendance.

Dans une démocratie où les électeurs auraient de bonnes anticipations (ce qui impliquent qu’ils ne subissent pas les diverses illusions fiscales du pouvoir qui leur font penser qu’ils paient un moindre prix pour l’ensemble des biens politiques fournis) quant aux effets des mesures politiques prodiguées (“ceux qu’on ne voit pas”, pour reprendre la formule de Frédéric Bastiat), il réduirait cette tendance à l’augmentation du poids de l’Etat, car ils connaissent les effets néfastes des hausses d’impôts sur la productivité du travail et du capital et sur la prospérité du pays, et que cela impacterait négativement la hausse de leur revenu à l’avenir (par exemple).

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