Justice corrective et justice distributive de Aristote :

Par CorsicanLibertarian,

Deux concepts, deux formes de justice s’oppose de nos jours, bien que la seconde est aujourd’hui une voie bien plus importante qu’elle trouve chez nombre de nos concitoyens.

Commençons donc par la première : la justice commutative est, pour Aristote, une justice qui règle les échanges selon le principe de l’égalité arithmétique entre individus eux-mêmes égaux. Cette forme de justice ignore les différences (et notamment les différences matérielles). Aristote déclara ainsi :”Il n’y a pas de pire injustice que de traiter également des choses inégales.” Cette vision de la justice propre à Aristote semble correspondre à la déesse de l’Antiquité romaine Aequitas, qui en latin signifie “équité”. Elle est la déeese de l’équité tout en étant la déesse du commerce, car dans l’échange, tout le monde est égal. Chez Cicéron également, l’égalité se rapproche du concept d’Isonomia, l’isonimie, qui réprésente l’égalité en droits de chacun, ce qu’est l’échange. La justice commutative ou corrective, a ainsi pour but de corriger l’injustice et le crime, et c’est pour cela que “cet injuste dont nous parlons, qui consiste dans une inégalité, le juge s’efforce de l’égaliser : en effet, quand l’un a reçu une blessure et que l’autre est l’auteur de la blessure, ou quand l’un a commis un meurtre et que l’autre a été tué, la passion et l’action ont été divisées en parties inégales ; mais le juge s’efforce, au moyen du châtiment, d’établir l’égalité, en enlevant le gain obtenu.” La justice corrective consiste à faire en sorte que tous les hommes, soient égaux, mais égaux en droits, si bien que les hommes peuvent bien avoir des conditions différentes, si ils respectent l’échange, la part des droits de chacun est inchangé.

La justice distributive, quant à elle, est une notion arbitraire, car elle dépend de la notion de mérite de chacun. Pour Aristote, “les hommes reconnaissent, en effet, que la justice dans la distribution doit se baser sur un mérite de quelque sorte, bien que tous ne désignent pas le même mérite, les démocrates le faisant consister dans une condition libre, les partisans de l’oligarchie, soit dans la richesse, soit dans la noblesse de naissance, et les défenseurs de l’aristocratie dans la vertu.” La justice distributive est donc soumise à l’interprétation et à l’arbitraire, et c’est la communauté politique qui vise à établir le juste, qui est une question de proportion, “la proportion étant une égalité de rapports et supposant quatre termes au moins.” ce qui est en dehors de la proportion. L’injuste peut donc être soit le trop, soit le trop peu, et c’est bien là ce qui se produit effectivement.

L’interprétation de la justice distributive par les pouvoirs publics est l’amont et l’aval de toutes les redistributions étattiques en cours dans notre pays. Mais la justice commutative (corrective) et la justice distributive finissent pas se contredire si l’Etat néglige les droits égaux de tout un chacun pour redistribuer leurs avoirs selon la vision de la justice de chacun, si bien que comme le dit Hayek, “la revendication d’une égalité matérielle des situations ne peut être satisfaite que par un système politique à pouvoirs totalitaires.”

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