Le libertarianisme; ce que c’est ce que ce n’est pas. Présentation.

Je me lance dans une série de billet pour expliquer ce qu’est et ce que n’est pas la libertarianisme au travers de quelques clichés récurrents. Tâche pas simple mais nécessaire tant la propagande anti-libérale a fait, et fait toujours, du tord à la philosophie libérale et par ricochet sur les libertariens. Les deux philosophies sont proches puisque le libertarianisme découle de la pensée libérale, nous partageons beaucoup de chose, mais là, où ce situe la clivage est que chez les libéraux on admet la présence d’un état minimum et réduit à ses fonctions régaliennes donc, défense, protection et justice, certains allant jusqu’à l’éducation et une banque centrale, et que, chez les libertariens, les radicaux, n’admettent pas l’existence de l’état, car, comme l’explique Murray Rothbard, un état réduit à sa plus simple expression aura tendance à reprendre sa taille maximum. Les libertariens par leur refus de l’état sont donc des anarchistes.

 

Le mot anarchiste est lâché et je vois certains s’offusquer quand à l’emploi de ce mot, l’extrême de l’extrême gauche l’a vampirisé mais ne lui appartient pas, il y a des côtés opposés dans l’anarchie. Il est une erreur que beaucoup font, c’est de confondre anarchie et anomie, ce qui n’est pas du tout la même chose, pour comprendre la différence je vous envois lire l’article de Nicolas Bruel: All Sons Of Anarchy. Donc, les anarchistes sont des libéraux d’un côté les libertaires et de l’autre les libertariens (oui, c’est raccourci, mais cela fera l’objet d’un article plus tard) mais ce différencient bien l’un de l’autre. Ne les confondez pas, vous pourriez avoir des ennuis. On peut et on va expliquer cette différenciation simplement avec quelques mots écrient par un seul homme, Pierre-Joseph Proudhon

 

  • Pour les libertaires: « La propriété c’est du vol. »
  • Pour les libéraux/libertariens: « La propriété c’est la liberté »

 

La grande différence est là, le bien commun d’un côté et la propriété privée de l’autre. Le but n’est pas d’entrer dans le débat mais expliquer de façon simple ce mouvement au drôle de nom en m’appuyant sur quelques idées reçues. Alors commençons par la première et ma préférée qui concerne la « liberté totale »

 

« Alors si chacun est libre de faire ce qu’il veux, je vais chez mon voisin et je le tue parce que j’en ai la liberté »

 

Voilà ce que je j’entend souvent, même si c’est mon idée reçue préférée, je dois avouer qu’elle m’effraie car la première des choses à laquelle pensent les gens si ils étaient totalement libre, c’est le meurtre ! Mais, alors pourquoi, si le meurtre vous parez inconcevable, pensez-vous qu’il soit réalisable en toute impunité chez les libertariens ? Étrange idée que de croire que les libertariens sont dépourvus de tout sens moral et d’éthique, un meurtre reste un meurtre et doit être puni. Ce n’est pas parce que certains pensent une société libre qu’elle est dépourvue de cadre ou de loi, je le répète ce n’est pas l’anomie. Le monde entier connait cette phrase de John Stuart Mill

 

« La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. »

 

Ce principe est un élément fondamental dans la philosophie libérale puisqu’il fait de l’autre le cadre de nos propres libertés. Ce cadre est fait par la liberté, mais aussi la propriété de notre voisin. La colonne vertébrale est le respect du Droit Naturel de chacun, il est la seule condition pour vivre dans une société en paix. Il ne viendrait pas à l’idée d’un seul libéral d’empiéter le droit naturel d’un autre, donc le meurtre est immoral et puni. Je vais en décevoir plus d’un, mais le libéralisme n’est pas, contrairement à l’idée générale, la loi de la jungle. Les anti-libéraux utilisent l’expression « un renard libre dans un poulailler« , qui sous entendrait que le renard est le libéralisme, libre de tuer qui bon lui semble. Mais nous le voyons, le libéralisme a ses droits et pour les faire respecter il existe des tribunaux, donc une justice. Pour rappel le plus grand tueur de poules n’est pas le renard, qui n’est pas un libéral, mais le responsable du poulailler qui ne l’est pas non plus.

 

Qu’est-ce que le Droit Naturel ?

 

Sans entrer dans le détail du Droit Naturel, là n’est pas le but, est une norme qui considère la nature et la finalité de l’Homme. Ce droit est issu de la nature humaine donc indissociable de tout individu. C’est un droit propre à l’humain sans aucune distinction de rang social, d’ethnie ni de quelque autre distinction sociale que se soit. Si ça vous dit vaguement quelque chose c’est normal !

 

« Article Premier: Les Hommes naissent libres et égaux en Droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune »

 

Et oui, car en déplaise à certains, c’est bien des libéraux qui ont écrit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et elle parle d’égalité devant ce Droit là, et aucun autre. Dans l’Article Premier le sens de « l’égalité » n’est pas l’égalité des Hommes entre eux, mais l’égalité face aux droits naturels qui sont inaliénables, ce qui change tout, car la seule base d’égalité est le fait que tous les Hommes soient humains. Pour les libéraux et libertariens, la DDHC est la base de référence, un cadre qui définit les choses pour protéger ce droit, aujourd’hui honteusement violé.

 

« Article 2: Le but de toute association politique est la conservation de ces Droits Naturels et imprescriptible à l’Homme. Ces droits sont la Liberté, la Propriété, la Sûreté, et la Résistance à l’oppression. »

 

L‘article 4 cadre les libertés et rejoint la citation de J.S.Mill. « Article 4: La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ces bornes ne peuvent être déterminée que par la loi. » Cet article nous dit que ces droits et libertés sont cadrés par ceux de l’autre. C’est pour ça qu’il est primordial de défendre ce Droit Naturel et encore plus celui des autres, car c’est celui des autres qui garantie l’existence de vos libertés.

Il est important de ne pas confondre Droit Naturel et Droit Positif qui,  contrairement à son nom, n’est pas que positif, pour faire simple, il s’agit de « droit non-naturel » car ce droit est toujours le monopole d’un état. Le droit positif est le droit dicté par un état, donc, par une poignée d’hommes qui décident pour le plus grand nombre, ces droits, d’un point de vue libertarien, sont injustes et arbitraires et mènent inévitablement vers un système de loi du plus fort. Le Droit Naturel est donc, le cadre posé par la raison de chacun.

 

Ce qui peut faire peur, c’est que chacun a sa raison et son éthique et donc peut déborder du cadre posé par la liberté de l’autre si son éthique diffère. Mais il est important de concevoir une autre chose et aller plus loin que la phrase de J.S Mill et ne pas se limiter à la liberté d’autrui, mais aussi à son éthique car, si au même titre que nous avons admis qu’il existe non pas une, mais des libertés, nous devons admettre qu’il n’existe non pas une, mais des éthiques. Même si nous partageons des grandes lignes, il existe des différences propres à chaque individu de par sa raison, son expérience et sa culture. Éthique ne doit  donc plus se voir au singulier mais au pluriel et c’est pour cette raison que l’état, dans la vision libertarienne des choses, est un criminel, car, il tente d’imposer à l’individu son éthique par la seule force de la loi. La loi n’est, alors, plus justice mais un puissant outil de soumission de l’individu.

 

Pour finir, avec cette remarque de cette liberté de tuer, il faut savoir aussi, qu’il existe un principe fondamental chez les libéraux et libertariens qui est le principe de non-agression, il est décrit ainsi: 

 

« Aucun individu, ni groupe d’individus n’a le droit d’agresser quelqu’un en portant atteint à sa personne ou à sa propriété. »

 

Je le redis ce principe est FONDAMENTAL, il est tellement important que le drapeau des libertariens (voir en début de billet) est la représentation de cet axiome. Il a été inventé en 1775 en pleine guerre d’indépendance des États-Unis par Christopher Gadsden, le drapeau porte d’ailleurs son nom, le Gadsden flag. Il représente un serpent à sonnette et la mention « Dont Tread On Me », (ne me marchez pas dessus, ne me piétinez pas). Pourquoi le crotale? Le choix du serpent aurait été fait par Benjamin Franklin qui y voyait un symbole car le crotale possède 13 anneaux de sonnette, autant que les colonies anglaises en Amérique en 1775 et puis, pour l’attitude du crotale qui est un serpent inoffensif, mais qui, dés qu’on l’approche de trop prêt n’hésite pas à riposter contre l’agresseur, DONT TREAD ON ME.

 Le meurtre est une agression, au même titre que la violation de toute propriété privée, que l’impôt obligatoire et que toutes nuisances (pollution, opinions imposées…) toute agression peut faire l’objet d’une plainte devant un tribunal, ou bien une propriété peut être défendue par vous même car, la légitime défense n’est pas une agression, ce n’est pas parce que l’on approuve l’axiome de non-agression que l’on doit se laisser faire sans réagir, ce n’est pas la non-violence. Contrairement aux principes de certains, si on vous met une claque, libre à vous de tendre l’autre joue, mais selon l’axiome de n’on-agression, vous êtes en droit de vous défendre,. Attention aux dérives, ce n’est pas non plus la loi du Talion, un meurtre reste un meurtre.

Ce principe de non-agression s’étend à tout, et pour casser un autre cliché qu’on entend trop souvent « les libéraux veulent la guerre pour s’enrichir », c’est tout simplement FAUX. Les libéraux ne conçoivent pas l’interventionnisme militaire et l’impérialisme américain, par exemple, qui cherche a imposer son principe démocratique partout car, si nul individu ne peut se prévaloir d’être supérieur à un autre, il en va de même pour une culture ou pour une civilisation. Je ne voulais pas en arriver là si tôt, mais il faut battre le fer tant qu’il est chaud et que ce principe est encore dans vos têtes, pour expliquer une autre chose importante chez les libéraux et libertariens, le port d’arme.

 

Le port d’arme.

 

Le port d’arme est une idée quasi obsessionnelle chez les libertariens, enfin, chez beaucoup, pour la bonne et simple raison est que se défendre est un droit inaliénable car légitime et que, seul l’individu est apte à pourvoir à sa propre défense de façon rapide et efficace. Certains voient dans le droit de porter les armes et le principe de non-agression un paradoxe alors qu’il faut le voir comme une logique, car si la grande majorité des gens voient les armes comme un moyen d’attaque, les libertariens les voient comme un moyen de défense, et cette nuance fait toute la différence, elle s’appelle la responsabilité. Dans une société libertarienne chaque individu est responsable de lui et l’autre, il sait qu’il ne doit pas empiéter les droits et les libertés de son voisin car ces choses sont de l’ordre du sacré. La liberté de chacun est, je le rappelle, cadré par l’autre. Pourquoi le port d’arme ne serait pas définit par un cadre lui aussi? Et je dis ça sans être moi-même un pro-arme à feu. Je ne vais pas parler arguments pour ou contre et faire un décompte macabre de statistiques pour défendre ou non le port d’arme, j’explique juste que la légitime défense est un droit naturel donc le port d’arme une liberté inaliénable. Personnellement, je pense que donner le droit de porter des armes aujourd’hui, dans une société avec un tel taux de dé-responsabilisation est juste inconcevable.

 

Et la drogue?

 

Il est vrai que les libéraux demandent la dépénalisation des drogues avec pour argument la lutte contre le trafic, la répression et la prohibition se montrant particulièrement inefficaces et meurtriers. Là aussi, tout repose sur la responsabilité des citoyens car très rarement les toxicomanes se droguent parce qu’on les a forcé, il s’agit d’une décision personnelle, chacun connaissant les risques de l’usage des drogues, il en va donc de la responsabilité de chacun, puis quoi de plus « rebelle » que de braver l’interdit.

 

On conclut??

 

Pour conclure, une société libertarienne est une société dans laquelle l’individu évolue librement, où chacun prend soin de ne pas empiéter sur la propriété, les libertés, les droits et l’éthique de l’autre. Les individus sont donc responsables de leurs actes et chaque manquement peut être poursuivit et passer devant un tribunal et donc puni. Je le redis, mais ces principes sont fondamentaux pour l’évolution de l’Homme dans une société pacifiée, car le principe de non-agression interdit toute souveraineté d’un individu ou d’un pays sur un autre, l’interventionnisme n’est donc pas libéral. La société libertarienne accorde à chaque individu les mêmes droits sans se soucier du rang social ou de l’ethnie, nul ne peut se prévaloir d’être supérieur à un autre car, un individu est jugé pour ce qu’il est en tant que tel et non pour son appartenance à un groupe. Les libertariens sont très attachés à leurs libertés mais encore plus à celles des autres, car si votre voisin est privé de certaines libertés, il y’a de fortes chances que vous en soyez, vous aussi, privés.

 

Je vous laisse avec une phrase de Herbert Spencer écrite dans « la loi d’égale liberté » et vous dit à bientôt pour une prochaine idée reçue, et continuer à découvrir le monde des libertariens.

 

« Chacun est libre de faire ce qu’il veut, pourvu qu’il ne porte pas atteinte à l’égale liberté d’autrui ! « 

 

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