Les foules comme instrument du pouvoir et le détournement de la justice

Par CorsicanLibertarian

Les évènements du 25 décembre 2015 qui ont eu lieu à Ajaccio, en Corse, sont la parfaite illustration de ce que Gustave Le Bon appelait la psychologie des foules.

Mais qu’est donc qu’une foule :

Tout d’abord, une foule n’est pas foule du fait de son nombre. Sans les facteurs psychologiques adéquates, une centaine d’individus ne sont qu’une somme d’individus, un agrégat, là où une demi-douzaine d’individus peut très bien constituée une foule à cause de liens psychologiques très fort

La situation est complexe. On est face à deux foules psychologiques. (Par foule psychologique, on entend tout individu appartenant à une sorte de corps social restreint formé de manière temporaire par l’acquisition d’idées simples et exacerbées par ses membres. Une foule n’a que faire de la raison, elle se base sur la foi des idées qui l’ont formé, qu’elles soient justes ou non. (Désolé de te ressortir Gustave Le Bon). La foule est irrationnelle. L’individu, qui n’aurait pas commis tel acte seul ou du moins en dehors de la foule, se sent dans la capacité et dans la volonté de le faire. Les individus finissent par ne former qu’un corps, temporairement. La première foule était les agresseurs , la seconde ceux qui sont partis avec cette volonté de vengeance.

Les foules ont des sentiments exagérées, et ne sont pas dotées d’une intelligence exagérée. Cet agrégat psychologique, bien loin d’accroître l’intellect d’un individu, le diminue considérablement.

Les foules, par la suite, ont toujours été facilité par les différents pouvoirs. Le pouvoir peut former les foules, faire peser des voiles, fabriquer un imaginaire. Les foules ont souvent été des marionnettes entre ses mains. Il y a, depuis ce matin, interdiction de manifester à Ajaccio dans le cadre de l’état d’urgence. Cela peut montrer deux choses : L’État fait peser des boulets sur « ses » citoyens en lui faisant croire que c’est pour la preservation de la liberté et de l’égalité de ses citoyens (constitution d’un imaginaire le légitimant). Secondo, il cache le fait qu’il n’arrive pas à faire son travail de base, protection et justice. Pire, l’État s’auto-génère et s’auto-conserve, de par ses voiles. Puisque son but est d’assurer la justice, pourquoi ne dirait-il pas qu’il assure une justice différente ? Grâce aux voiles qu’il fait peser, les citoyens qui doivent avant tout être protégés, ont eux-même demandés un accroissement de cette justice sociale (à chacun selon ses besoins) et à être drapées dans les plus belles dorures de cette nouvelle idole, quitte à ne plus être protégés.

La réaction de la seconde foule est aussi préjudiciable que celle de la première. La première a agit contre la justice, contre les Droits Naturels des pompiers, la seconde a oublié que l’un des attribut divin de la justice, c’est la cécité, et qu’à essayer de faire justice par soi-même, on prend le risque d’accroître l’injustice et la négation des Droits Naturels d’autrui. Comme le disait justement Lord Acton, le peuple ne peut rendre juste ce qui est injuste.

« Les foules s’imaginent volontiers que leurs gouvernants appartiennent à une humanité supérieure infaillible. De là leurs fureurs dès qu’une défaillance révèle l’homme derrière l’idole. » Hier et demain. Pensées brèves (1918),
Gustave Le Bon

Les citoyens ont tellement été hypnotisé par la justice distributive proposée par l’État que lorsqu’ils se rendent compte qu’ils sont désoeuvrés, ils se rendent compte de l’importance de la justice commutative que l’État a contribué à détruire, car soit l’État protège de la spoliation, soit il l’organise.

En somme, selon Aristote, puis Saint Thomas d’Aquin[1], il existe deux concepts de Justice : la justice commutative et la justice distributive.

La justice commutative se préoccupe des relations entre individus dans une même communauté (elle préconise l’échange, le contrat, et tend vers le principe : à chacun selon son mérite) et la justice distributive se préoccupe des relations de la communauté considérée comme un tout à l’individu (elle tend vers la redistribution autoritaire selon le principe : à chacun selon ses besoins). La question difficile du choix du critère de distribution n’est pas tranchée, ou plutôt est tranchée de façon arbitraire.

Tous les moyens de l’État ont été détourné dans le but de maintenir et soutenir cette fameuse justice distributive et sociale. La liberté et la sécurité des contrats et des contractants est, désormais, loin dans les objectifs du sommet de l’État. À voir les ressources importantes dont manquent les ministères régaliens, eux-mêmes détourné dans des politiques de persécution et de prohibition pour les individus.

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