Billet : Quelques thèses que vous devriez connaître de l’École du Choix Public

Par CorsicanLibertarian,

Les économistes du Choix Public sont des économistes en général méconnus, malgré l’important apport que leur doit l’économie.

Ce sont les économistes de l’École du Choix public qui nous le montrent. Ces économistes montrent que les fonctionnaires et les politiciens n’ont pas pour vocation un quelconque intérêt général, mais qu’au contraire, ils suivent leur intérêt personnel comme tout autre personne, et leur intérêt est la croissance du pouvoir, comme le dit James Buchanan (qui pourtant n’est pas anarchiste, je précise).

Ainsi, le politique a devant lui un marché (oui un marché), un marché politique, où il est offreur, et les citoyens et entreprises sont les demandeurs. Ainsi les demandeurs vont en général demander des subventions, réglementations, patentes, niches fiscales, marchés publics, barrières à l’entrée du marché, sont les quantités demandées par les « consommateurs politiques » et les lois votées par l’Assemblée sont les quantités offertes par « les entrepreneurs politiques ».

James Buchanan rejoint ainsi ce que dit Hayek, que la démocratie n’a pas empêché une certaine forme de caste d’émerger de nouveau, et c’est ainsi qu’il développera le théorème de l’électeur médian. En somme le théorème de l’électeur médian stipule qu’il y a autant d’électeur qui ont des visions opposées (autant de personnes qui votent plus à gauche que de personnes qui votent plus à droite, séparé par une médiane mathématique où on retrouve l’électeur médian), et chacun, guidé par ses intérêts et demandant au politique d’intervenir pour lui offrir des biens, se retrouvent dans une situation où, pour être élu, les « entrepreneurs politiques » ne choisissent que des demi-mesures mitigées, n’etant ni de gauche, ni de droite (et favorisant l’extrême minorité que l’extrême minorité de l’électeur médian au centre), soit il existe une majorité instable qui changera à la prochaine distribution de bien offerts par le politique. Ce théorème permet de comprendre la multiplication des acquis sociaux et de l’endettement dans nos sociétés, (qu’elles sont plus le fait d’une redistribution pour des raisons politiques que économiques) car l’electeur median, qui aura probablement un revenu inférieur à la moyenne, se verra compensé son manque par l’endettement des institutions. C’est ainsi que Buchanan critique la thèse de Keynes sur les fluctuations entre déficit et surplus des de l’État selon la présence ou l’absence de crise. Buchanan invalide ainsi la thèse de Keynes, moins pour des raisons économiques que pour des raisons politiques pour la simple raison que la démocratie, via l’électeue médian, favorise l’endettement des États.

Le théorème de Arrow, également, nie l’existence d’une quelconque préférence collective. Le paradoxe d’Arrow explique en quelque sorte que si une option A est préférable à B, et que B est préférable à C, et les citoyens sont mis dans la situation de devoir choisir entre A et C, ceux-ci, paradoxalement, ne choisiront pas forcément la solution A à la solution C. Condorcet avait déjà identifié un tel paradoxe au XVIIIème siècle. Ce théorème est notamment l’une des premières critiques qui a été faite sur la rationalité prétendue des choix collectifs. Cela ne veut pas dire qu’une technocratie est de ce fait justifiée et que justement, les politiciens puissent agir comme si le pays était leur propriété. Bien au contraire, le fait que chaque homme possède une somme de connaissance qu’aucun planifiicateur ne puisse centraliser renforce cette analyse, de telle sorte qu’aucune technocratie ou aucun choix collectif ne puisse permettre une circulation performante des connaissances dans la société et l’économie.

James Buchanan a également ce qu’on appelle la Théorie du Léviathan fiscal, et qu’ainsi l’État a intérêt à maximiser ses dépenses fiscales. Mais qu’en situation de concurrence fiscale où les individus et entreprises peuvent se déplacer géographiquement, il doit se modérer pour ne pas être évincer. Cette théorie rejoint la Courbe de Laffer et explique la situation actuelle de la France, qui n’est fiscalement pas compétitive.

Dans le lot, il y a également la théorie de la capture de George Stigler, qui explique que la réglementation est moins l’exercice d’un processus législatif qu’un achat de loi de la part des entreprises déjà sur le marché dans le but de mettre des barrières à l’entrée de leurs concurrentes. C’est ainsi que Henri Lepage, dans son livre La Nouvelle Economie Industrielle, nous montrait que le Sherman Act, une des lois anti-trust américaine, avait été encouragé par des grandes firmes en situation de monopole, qui pressentaient leurs heures arriver et qui ont retirer plus de bien que de mal de cette loi.

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