Billet – « Autorité mon amour »

Par Titou

Il y’a quelques jours, le premier ministre Manuel Valls postait sur Facebook une ôde à l’autorité, en commençant par dire que le pays traversait une crise d’autorité, et par la même occasion, le premier ministre laissait transparaître sa pensée profonde et appelle de ses voeux un état fort.

Monsieur Valls, laissez moi vous dire que le pays ne traverse pas une crise d’autorité, il traverse en premier lieu une crise du respect. Là est vôtre erreur, vous confondez les deux. L’autorité ne découle que du respect car n’est respecté que celui qui est respectable. Vous dites vouloir ne pas verser dans l’autoritarisme et pourtant vos actes et votre volonté penchent dans ce sens.

Je ne vais pas m’attarder sur les premiers paragraphes de votre billet, car, il ne servent à pas grand chose car, comme d’habitude vous y faite une longue déresponsabilisation des actes qui se sont passés il y’a quelques temps. Comme d’habitude, c’est la faute de Sarkozy et du discours de l’extrême droite si le pays est dans cet état. Vous nous dites ne pas avoir eu le choix que de continuer certaines choses et que vous passez vôtre temps à recoller les morceaux. Rien d’intéressant dans ce discours habituel du parti socialiste. Si, juste une question, où étiez vous devant les incidents de ces derniers temps? Où était votre autorité devant des voitures en feu quand les gens du voyage manifestés, où était votre autorité devant des chauffeurs de taxis qui ont passé leur colère sur des véhicules de particulier désireux de gagner quelque monnaie en fin de moi? Pourquoi défendre l’autorité quand c’est pour s’écraser devant les forts?

Si vous voulez le respect, protégez donc les plus faibles face aux plus forts, donnez leurs les moyens de se défendre car là, vous prônez une autorité sur ceux qui n’ont aucun moyen de réagir si ce n’est la rue, mais vous savez comme moi que la colère des peuples qui descendent dans la rue assoit un peu plus la force de l’état et donc son autorité. Et merde, on dirait que c’est fait exprès.

Allons au dernier de ces paragraphes qui est bien plus révélateur de votre pensée et de votre vision de ce que doit être un état.

« Tout par l’état, rien contre l’état, rien en dehors de l’état. » Benito Mussolini

Vous nous  dites, dans cette lettre, que l’émancipation de l’individu ne peut se faire que par l’autorité. Est-ce par soucis d’émancipation que vous avez fait voter la loi renseignement? Est-ce par soucis d’émancipation que vous voulez une brigade de surveillance du net pour traquer les pensées et propos qui ne vont pas dans le sens que vous voulez?

Ces mots, vos regards noirs et vos colères dans l’Assemblée Nationale vous trahissent et montrent que vous avez une grande soif de pouvoir et que, selon vous, la paix sociale passera par l’autorité d’un état fort et protecteur. En cette période post épisode 7 de Stars Wars, votre discours me fait penser à celui de l’Empereur qui désire apporter la paix en annihilant la Force car seul quelques privilégiés la possède et que ce n’est pas égalitaire et ceci risque déséquilibré l’ordre. Un état fort, donc autoritaire, ne peut permettre l’émancipation de l’individu, demandez aux italiens si sous l’état nation, papa, maman, protecteur de Mussolini les individus y étaient heureux et libre. Demandez à vos aïeux à quel point ils étaient émancipés sous le régime franquiste. Un état fort c’est l’oppression, la terreur, la négation de l’individu sous prétexte d’égalité, sous prétexte que vous et une poignée d’hommes et de femmes de votre caste savez mieux que quiconque ce qui est bien pour l’individu. Défendre un état fort et autoritaire c’est défendre le fascisme.

Monsieur Valls, la crise que nous traversons n’est pas une crise d’autorité mais une crise du respect. Respectez notre parole, et encore plus la votre, respectez notre volonté et nous vous respecterons, soyez équitable et nous vous respecterons, en un mot soyez respectable. L’autorité n’amène à rien de bon quand elle s’applique qu »aux plus démunis, qu »aux honnêtes gens. Ne pas réagir devant les forts entraîne un perte totale de confiance et de respect. Ne confondez pas les deux, nous n’aurons que faire de votre autorité tant que vous n’aurez que faire du respect que vous nous devez. L’état c’est la guerre civile.

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