Traduction – Une interview avec Henri Hazlitt (Partie 2)

Traduit par Chuck Noel
Traduit par CorsicanLibertarian

AEN : Quand avez vous eu connaissance de l’existence de l’École Autrichienne ?

Hazlitt : C’est dur à dire. Lire Wicksteed m’en rapprocha bien entendu. J’étais très chanceux par rapport aux amitiés que j’avais noué et dans les livres que je choisissais. J’avais lu un livre de Benjamin Anderson, que j’ai connu plus tardivement. C’était La Valeur de la Monnaie qui datait de 1917. C’était une critique aiguë de presque tous les autres auteurs sur s’étant penché sur la monnaie, et plus spécifiquement d’Irving Fisher et de sa théorie quantitative de la monnaie. Mac Anderson lisait l’allemand, et discutait avec beaucoup d’allemands sur les questions monétaires. Il se référait souvent à l’édition allemande de La théorie de la monnaie et du crédit de Ludwig Von Mises et a écrit : » chez Von Mises, il semble y avoir pour moi une clarté et une force remarquable. Sa Theorie Des Geldes und der Unlaufsmittel est un exceptionnellement bon livre. » Cela m’a impressionné.

Quand en 1936, en Angleterre, Jonathan Cape a publié la traduction anglaise de Socialisme de Mises, j’en ai lu la critique dans The Economist, j’ai demandé une copie à Cape et lui ai demandé si je pouvais en avoir éventuellement un. J’en ai fait une critique dans le New York Times. J’étais terriblement enthousiaste à propos de ce livre et l’avait qualifié de « classique écrit à notre époque ». J’ai envoyé une copie de ma critique à Mises (j’ai découvert grâce à Cape qu’il vivait à Geneve). Il me répondit. Ce fut le début de notre correspondance. De temps en temps en 1940, je recevais un coup de fil. La voix de l’autre côté disait, « C’est Mises à l’appareil ». Dès lors, comme je l’ai dit à de nombreuses reprises à des amis, c’était comme si quelqu’un m’appelait et me disait : »C’est John Stuart Mill à l’appareil. » J’avais qualifié Mises de « classique », et vous ne vous attendez jamais à ce qu’un classique cherche à vous joindre sur votre téléphone ! Quoi qu’il en soit, cela nous a permis de faire connaissance. Ce fut mon apprentissage formel à l’École Autrichienne, bien que j’ai lu un peu plus tôt, le livre Marx et la faillite de son système de Bohm Bawerk.

AEN : Mises est venu aux USA en 40 et vous étiez un de ses amis proches. Quelle était sa situation avec vous ?

HH : Il avait de très gros problèmes financiers. Il ne m’a jamais dit mais sa femme Margit l’a fait.
Il avait très peu d’amis dans le monde académique. Mais, je connaissais ce Alvin Johnson qui était passé par la New School for social Rechearch de New-York, celui-ci avait offert beaucoup d’emplois aux refugiés allemande notamment en tant qu’enseignant. Ainsi, j’avais organisé un dîner auquel j’avais invité Lu et Magit, A. Johnson et d’autres personnes. J’ai pris Johnson à part et je lui aie demandé s’il pouvait offrir du travail pour Mises. Johnson m’a donné une réponse : « Il est un peu trop de droite … »
Alors j’ai réalisé que les emplois offerts par le fils de Johnson n’étaient distribués qu’aux socialistes Allemands.
Mais je suis finalement arrivé à faire publier à l’Université de Yale « l’État omnipotent » et plus tard « l’action humaine » de Mises. Tout deux que j’ai édité après sa demande d’édition, pour l’idiome anglais.
AEN : Etait-ce là la marque d’un soudain changement profond et lointain d’opinion de l’interventionnisme vers le plaidoyer sur le marché libre ?
HH : Je n’étais pas conscient de ce changement, ainsi que de son commencement. J’avais beaucoup d’idées socialistes, par exemple Seligman et d’autres manuels écrits. Seligman lui-même, probablement, n’avait pas réalisé dans sa propre mesure ses tendances socialistes. Le Socialisme est soudainement apparu, avec le « New Deal », commencé en 1933, mais pas sous ce nom qu’est le Socialisme.

AEN : Est-ce qu’une personne avec des opinions favorables au marché libre avait plus de facilités à trouver une facilité il y a quelques années, et n’arriverons-nous pas aujourd’hui à un stade où celui-ci ne pourrait plus trop expliciter sa vision ?

Hazlitt : Une grande partie des économistes voient leurs idées suivre le même courant que les marées politiques. Quand j’avais écrit L’Économie en une leçon en 1946, je n’avais pas encore réalisé à quel point une partie conséquente des écrits économiques étaient devenu socialistes. Ce fut une chance pour moi car mon livre n’était pas du tout vindicatif ; il montrait juste l’usurpation des controleurs et des fixeurs de prix. Je pense que c’est une des choses qui a attiré les lecteurs – il n’y avait pas beaucoup de danger dans ce livre. C’était juste une menace pour les interventionnistes qui ne savaient pas de quoi ils parlaient.

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