Pourquoi je suis libertarien : Son meilleur ennemi qu’est l’objectivisme (Partie 4)

Par CorsicanLibertarian,

Aux États-Unis sévît un conflit à ce jour, bien moins présent qu’il y a quelques décennies et inexistant en France. Ce grand débat réside dans l’opposition entre les « libertarians » (comptant donc libéraux et libertariens) et les partisans de Ayn Rand, les randiens, ayant eux-mêmes qualifié la philosophie de Ayn Rand par le terme « objectivisme », regroupant sous ce système toutes les vues éthiques et philosophiques de leur grande dame Ayn Rand sous cet appellogie (l’objectivisme porte également le nom « d’éthique des vertus »).

Tout d’abord, quels sont les points communs entre « libertarians » et objectivistes ? Au demeurant, un nombre tout de même assez important. Ils sont de grands admirateurs de son livre « Atlas Shrugged », traduit en français (La Grève), et décrivant une parfaite dystopie où l’Europe n’est plus que peuplée que de Républiques populaires socialistes et ne tenant que grâce aux envois de ressources par les dirigeants américains, qui, si ils ne sont pas aussi interventionnistes que leurs confrères européens, vont passer d’un niveau d’interventionnisme similaire à celui que nous connaissons en France jusqu’à un quasi-Communisme d’État qui se détruira progressivement car toutes les personnes productives du pays auront cessé toutes activités ou se seront enfuies pour ne pas voir l’aboutissement de leur statut d’esclave. John Galt, un des héros de Atlas Shrugged, durant son célèbre discours dont tout libéral a au moins entendu parlé, énonce plusieurs axiomes. L’un d’entre eux est l’axiome d’identité. Cette axiome a pour postulat que chaque homme se doit de respecter la réalité et la nature de son être et qu’aucune sorte de force ne peut le lui interdire. Ainsi, toute homme qui use de la force pour contraidre autrui et faire de l’autre son esclave en quelque sorte, se met à dos sa réalité et l’identité de son être. L’axiome d’identité est donc en tout point similaire au principe d’agression, sauf sur sa dimension éthique qui est bien plus poussée que le « Non-Agression Principle ». Tout au long de son livre (et des autres), nous pouvons observer un véritable attachement aux libertés individuelles, un refus de voir l’Homme comme un simple animal sacrifiel égorgé au nom de l’idée que l’Homme est un moyen et non une fin (idée très kantienne, malgré le fait que Ayn Rand est manifesté son rejet des idées de Kant), et un véritable engouement pour la libre-entreprise.

Alors, malgré si nombreux et importants points communs, pourquoi les partisans du « Libertarianism » et ceux du « Radical-Capitalism » se détestent-ils autant ? Leurs querelles se résument par la détestation mutuelle de leurs figures respectives, Murray Rothbard et Ayn Rand. Mais surtout, la question d’éthique personnelle est ce qui sépare les deux groupes. Tout deux militent pour un État limité, voire pour l’anarchie pour les néo-randiens qui ne suivent pas complètement Ayn Rand, mais l’objectivisme condamne par exemple l’usage de drogue, certains comportement individuels non coercitifs et en encouragent d’autres, alors que libéraux et libertariens, de par leur philosophie, se contentent de condamner tous actes agressifs et coercitifs abusifs, sans intégrer un code comportemental pour autant, ce pour quoi ceux-ci sont qualifiés de « hippies de droite » par les objectivistes. Les objectivistes, ironiquement, malgré leur athéïsme marqué par leur principe d’identité, ont tout des adeptes religieux, soutenant le besoin d’une éthique stricte dans la vie des hommes. Ils rejoignent en cela, encore ironiquement, les libertariens traditionnalistes et chrétiens, qui voient la religion sans liberté comme un autoritarisme sans nom, et voient la liberté comme nécessaire, même si les individus se doivent d’avoir une éthique stricte pour que ce ne soit pas la voie de la débauche (attachement à la tradition/religion dans leur cas, volonté de respecter la Réalité pour les objectivistes).

Le « libertarian » et l’objectiviste sont donc simplement le reflet de deux frères appartenant à une même grande et prestigieuse se querellant de manière insidieuse pour savoir qui prendrait le lit du haut.

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