Rousseau, Corse et Liberté « positiviste ». (Partie 4)

Par Chuck Noel

Avant-dernière partie de notre périple au coeur de l’oeuvre « planiste »rousseauiste. Aujourd’hui c’est la conception de l’impôt selon Rousseau, pour lui l’impôt est le coeur de lance de son système sans impôt, sans finances publiques pas d’État omnipotent garantissant sa pseudo paix sociale. Toute la société civile doit donc tout faire pour satisfaire l’État, et de la seul moyen que les pauvres sujets de rousseau ont entres leurs mains : le travail. « Travaillez plus pour contribuer plus » tel est le leitmotiv du système Rousseau. Et cela passe par ce qu’un homme peut connaître de pire en matière de Tyrannie (osons le mot) : la collectivisation de ses « bras ». Car nul n’échappe à l’État social.

Un gouvernement basé sur les finances publiques.

A –L’impôt ou le moteur de la société autarcique.

 

« Je veux qu’on dépense pour le service de l’État. »

Ce sont les mots de Rousseau, toute l’énergie de la Nation doit être tournée vers l’État-omnipotent. Ce qui revient nécessairement de passer par l’Impôt. Rappelons le que dans la Corse de Rousseau, il n’y a plus de circulation monétaire et de facto de monnaie. Il faut donc trouver des moyens de substitution pour alimenter le nerf de l’État. Dès lors que sa société est fondée sur l’agriculture dont elle est la seule occupation de la population, et dont le seul moyen de se distinguer des autres se limite à travailler plus durement pour donner plus à l’État (v. aussi supra) Concrètement qu’est ce qui est prélevé par l’impôt ?  Tout simplement les récolte, seuls biens échangeables dans cette société « parfaite ».

 

Suivant parfaitement les leçons de Colbert dans l’art de plumer l’oie avec le moins de cris possible en matière d’imposition, Rousseau va distinguer 4 manières pour prélever l’impôt.

 

La première méthode : c’est l’impôt en nature qui comme on vient de l’énoncer se ponctionne sur les productions des particuliers.

 

Une seconde, où il en revient à se contredire. Il préconise l’augmentation de 50% de la Dîme d’Église -qui est bien vu par la population (manipulation)- et d’y reverser ces 50% directement à l’État, sachant que le prélèvement peut être en argent, cela reviendrait à dire que la circulation monétaire existerait en Corse. Contradiction. Il se sert de l’outil religieux pour justifier une mainmise supplémentaire de l’état. (Voir infra. Religion civile)

 

La troisième qui n’est rien d’autre que la matérialisation de la « collectivisation des bras des hommes ». Il s’agit de la corvée de travaux publics qui se traduit notamment par la conscription, bien sûr cette besogne est seulement réservée aux classes inférieures (patriote, aspirant). Pour lui, la corvée reviendrait à réduire l’utilisation d’intermédiaires qui accroitrait les coûts. Dont on sait que c’est pertinemment mensonger, il s’agit d’occuper les classes inférieures par le travail.

 

Et la quatrième et dernière méthode, ce sont les amendes et les confiscations, cependant Rousseau reste flou sur le sujet.

 

Il est inutile de préciser que pour Rousseau l’impôt est égalitaire.

 

B –Le Gouvernement de l’impôt

 

La collecte est le cœur du Régime que Rousseau décrit comme étant un régime « mixte » : une sorte de République aristocratique compte tenu de sa classification de la Société. Le gouvernement se décline en une hiérarchie de fonctionnaire bien dessiné. Les receveurs qui dépendent des pièves qui dépendent des juridictions, qui elle même dépendent du cœur du pouvoir la Cour des comptes, qui est composée de conseillers d’état et est présidée par un doge. Selon le publiciste tous les « citoyens » peuvent espérer de devenir fonctionnaire s’ils flattent assez bien l’État.

Ce Gouvernement est en charge de légiférer, il n’y point de Chambre des lois, celui-ci est également chargé de réguler, adapter la circulation des denrées sur tout le territoire, il doit veiller à l’équilibre budgétaire en modulant l’offre et la demande, en fixant l’assiette, bien sûr tout cela discrétionnairement sans qu’aucun consentement préalable de la population soit donnée. Il veille également à réguler la propriété particulière sur le territoire. Bien entendu sa législation positive fait foi en toute circonstance.

 

A l’échelon le plus bas, celui du receveur, Rousseau prévoit que la collecte se fasse par régie par ces receveurs, qui ne sont rien d’autres que de jeunes novices. Ces novices selon Rousseau l’omniscient seraient par leur jeune âge moins enclin à se servir dans la caisse. Pour lui l’usage de jeunes novices est une épreuve pour eux, car cela leur permettrait de gravir les échelons, seule possibilité d’élévation dans la Fonction Publique. Ainsi, avec cette carotte pas de corruption. On l’a bien vu plus dans un régime similaire comme le Directoire. Comment maintenir un Gouvernement aussi bancale, puisqu’il n’existe aucun contrepoids, il semble également tempérer la responsabilité politique des gouvernants, si on se base sur le positivisme du serment.

Dans un fragment du projet Rousseau fait référence aux « Gardes des lois » qui serait l’équivalent du « législateur » dans le contrat social leur personne et inviolable et sacré, malheureusement on en sait pas plus étant donné que le projet est resté inachevé : « la personne des gardes des lois sera sacrée et inviolable et il n’y aura personne dans l’Île qui ait la puissance de les arrêter. » Une sorte de soviet suprême… voici les Lumières Rousseauiste contre la Tyrannie.

Toute cette fantaisie serait difficilement tenable. Comment alors faire en sorte que tout le chapiteau puisse tenir debout ? Rousseau à la solution : la Manipulation de l’opinion.

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