Rousseau, Corse et Liberté « positiviste ». (partie 3)

Par Chuck Noel

Dans cette troisième partie sur Rousseau et sa conception de la Liberté nous aborderons son volet « social » et « sociétal ». Où il va concevoir aux travers des institutions corses une véritable Société indivisible où la volonté de chacun sera noyée dans un magma dont il a le secret. Au programme, un contrat social coercitif, mis en oeuvre par une surveillance sociale et enfin sanctionné par une mort social, tel est le crédo de notre chère Rousseauiste. « Soit t’es des nôtres, soit t’es mort ».

II -Une société par la société pour la société.

Comme tout planificateur qui se respecte, Rousseau va dessiner dans tout cet égalitarisme une société divisée en 3 classes équivalant à un degré d’appartenance plus ou moins grand dans la « nation une et indivisible ». Où bien sûr certains seront donc plus égaux que d’autres.

 

Pour Rousseau la Nation originaire se fonde par le biais d’un serment fait par tous les hommes de plus de 21 ans au moment de l’établissement de la Constitution : les assermentés deviendront alors des « citoyens » constituant la plus haute classe de la Société. Puis en bas de l’échelle nous retrouvons la classe des « aspirants » équivalent à un statut de mineur, ils sont ceux qui n’ont pas l’âge requis, qui ne sont pas mariés, et qui ne dispose pas d’une habitation ainsi que d’un lopin de terre pour sa subsistance, l’État n’a pas encore fait la distribution. L’aspirant sera alors invité à se marier et disposer enfin d’une habitation pour prétendre au grade intermédiaire de « Patriote ». Puis le Patriote sera invité à avoir deux enfants s’il veut jouir enfin de la pleine citoyenneté en plus de « son » fond de terre et « son » habitation. Planisme !

 

La nature de ce serment qui est la signature d’une sorte de « contrat social » entre tous les corses, qui va les lier à la Nation une et indivisible et de facto ainsi sceller la soumission des corses devant la Constitution qui leur impose un belle et longue vie de labour. Rousseau fait appel au sacré pour légitimer ce serment, à la Bible notamment et à la Loi –positive. Ce serment est une contradiction en lui-même puisque il fait appel aux droits naturels et en même temps il fait appel à un positivisme rigide (conception Hobbesienne) qui renvoi à une obéissance absolu à la Loi et à ses magistrats. Qui  se chargeraient de veiller sur notre bonheur.
Puisque individu et société ne font plus qu’un, se pose quand bien même la question de savoir que se passerait-il si un individu ne prêterait pas ce serment ?

 

Rousseau est imaginatif pour ce qui est de sanctionner le non-assermenté qui a eu le malheur de choisir, il préconise un doux châtiment qui dans un système de souveraineté populaire est pire qu’une mort physique : c’est la mort sociale, qui serait une expulsion du corps social. Une non-existence en somme –même si le serment vaut annihilation de sa volonté particulière. Nous verrons plus tard que Rousseau va servir du glaive religion pour faire appliquer ce précepte. D’ailleurs, ce serment doit –si l’on s’en tient aux fragments de texte retrouvés- renouvelé aussi souvent que possible, à l’occasion de fêtes nationales. Cette menace de mort sociale est le « bâton » qui pousse la population à « être libre ».

 

D’autres situations permettent d’être frappé de mort sociale, puisqu’il s’agit d’une société planifiée, ainsi ceux qui ne se marient pas avant 40 ans perdrons leur « droit de cité », ce principe sera repris par le régime fasciste italien. Et Rousseau va encore plus loin dans le vice pour celui qui a le malheur d’avoir encore une once de volonté en se déplaçant vers une autre piève (voir. Infra), la sanction est 3 ans de mort sociale, 3ans d’inexistence, en somme on peut vraisemblablement en déduire qu’une liquidation physique légalisée du proscrit est envisageable pendant cette période puisqu’on existe pas. « La Liberté c’est l’esclavage ».

 

Comment repérer facilement les réfractaires ? Rousseau préconise la tenue d’un registre des serments où serait indiqué, nom, nom du père, domicile, situation de chaque personne. Arrêtons nous sur le « nom du père » ce qui est une demande assez forte étrange, outre le fait que cette exigence est synonyme de surveillance généralisée « Big Brother is watching you », elle semble vouloir sous entendre que si le fils ne prêterait pas serment verrait également son père par « culpabilité par association » condamnée à la même peine. On serait dans une logique biologique, « le fils est corrompu, le père l’est également puisqu’il a produit de la corruption ». Rousseau reste néanmoins flou à ce sujet, puisqu’il n’a pu achever le projet. Mais la question à quand même le mérite d’être soulevée. Car on sait que de nos jours le seul pays qui pratique encore la « culpabilité par association » est… la Corée du Nord.

 

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