Immigration : Les arguments récurrents contre l’immigration (Partie 3)

Par CorsicanLibertarian,

Le premier argument que tout individu met en avant contre l’immigration est qu’une majorité de la population serait contre l’immigration. Sans remettre en cause cette assertion, le théorème d’Arrow est parfaitement apte à expliquer pareil résultat. Le paradoxe d’Arrow explique en quelque sorte que si une option A est préférable à B, et que B est préférable à C, et les citoyens sont mis dans la situation de devoir choisir entre A et C, ceux-ci, paradoxalement, ne choisiront pas forcément la solution A à la solution C. Condorcet avait déjà identifié un tel paradoxe au XVIIIème siècle. Ce théorème est notamment l’une des premières critiques qui a été faite sur la rationalité prétendue des choix collectifs. Cela ne veut pas dire qu’une technocratie est de ce fait justifiée et que justement, les politiciens puissent agir comme si le pays était leur propriété. Bien au contraire, le fait que chaque homme possède une somme de connaissance qu’aucun planifiicateur ne puisse centraliser renforce cette analyse, de telle sorte qu’aucune technocratie ou aucun choix collectif ne puisse permettre une circulation performante des connaissances dans la société et l’économie.
Une autre critique qui est faite est que l’immigration augmenterait le nombre de personnes au chômage et nuirait donc à l’état de l’èconomie. Cet argument relève purement et simplement de la logique sous-jacente du partage de travail des socialistes. Le partage du travail constitue une proposition politiquement dangereuse car elle fait le lit du Front National. Maintenant que l’opinion l’a admise, plus aucun choix ne s’offre à nous en terme de solution au chômage. Maintenant que les mesures de réduction du temps de travail se sont révélées inopérantes, il est aisé pour le Front national de convaincre une majorité d’électeurs, déjà préparée à l’idée de partage, que la façon efficace de l’effectuer consiste à expulser les émigrés et à restreindre l’arrivée de nouveaux travailleurs sur le marché (je n’emploie même pas le terme « étranger », car un élu FN a, il y a quelques mois, conseillait des mesures restrictives logiquement similaire sur l’emploi des femmes). Cette analyse est cependant erronée. Elle relève d’une approche statique des marchés. Or, le stock d’emploi n’est pas fixe dans l’économie, la quantité de travail n’est pas purement et simplement déterminé. C’est ainsi que dans son livre « Français, n’ayez pas peur du libéralisme », Pascal Salin déclare que la seule limite à la création d’emploi est l’action humaine. Cette création d’emploi est donc plus limitée si on limite l’action humaine, comme cela a tendance à s’observer dans la réalité. En somme, ceux sont principalement, non pas les nouveaux arrivants sur un marché, mais les restrictions au licenciement qui font monter le taux de chômage sur le marché du travail. Lors de l’arrivée d’un important nombre de pieds noirs dans les années 60 en France, le chômage a diminué très lentement, là, où, lorsque dans un ville comme Miami, qui a vu arriver plus de 70000 cubains sur quelques mois, le taux de chômage qui dépassait les 7% était redescendu à 3,9% deux ans plus tard. L’existence d’un salaire minimum peut expliquer également le haut niveau de chômage qui frappe le plus fortement les jeunes et les nouvelles populations pour la simple et bonne raison que ces deux classes n’ont pas une productivité suffisante pour justifier un tel niveau de salaire. L’interventionnisme est très clairement synonyme de chômage de masse et de crise.

 

Une autre critique récurrente est celle-ci qui consiste à dire qu’il est contraire aux principes de la justice que des étrangers aient des emplois plutôt que les locaux. S’en faire de jugement de valeur sur ce propos, évaluons ce concept de justice qui est mis en avant avec autant de poigne. Cette optique est contraire à la théorie de l’habilitation et aux principes historiques de l’acquisition tels qu’expliqués par Robert Nozick dans magnum opus Anarchie, État et Utopie. Que sont-ils ? Ces principes, tels que décrits par Nozick, explique grosso modo que l’injustice nait du point de départ et non du résultat. Ainsi, si un individu a acquis des biens d’une manière qui est considérée comme juste car non agressive et volontaire (c’est-à dire par le travail et le contrat mutuellement consenti, le don, l’échange, l’héritage), alors la manière tout autant non-agressive dont ses biens sont transférés et distribués entre les individus l’est également. Or voilà l’erreur qu’étatiste de gauche comme étatiste de droite font. Ils ne prennent en compte que la distribution des richesses entre les individus et nullement la manière dont c’est fait cette distribution en observant les principes historiques. La seule redistribution valable est celle envers les Droits violés par l’agression.

 

Enfin, la dernière critique réside dans le fait que l’immigration tend à accroître la taille du pouvoir. Effectivement, une certaine forme d’immigrationnisme coexiste en même qu’une certaine forme de restrictionnisme. Il y a une immigration volontaire (et qui serait sous certaines formes plus importante sans l’État-Providence actuel) et productive, que les gens pourraient souhaiter, mais qui est empêché pour protéger les classes travailleuses socialistes de la concurrence (dans le cas restrictionniste) et une immigration non voulue attirée dans le but d’avoir une masse justifiant un État Omnipotent, dans la constitution d’une population pouvant servir une idéologie et un État s’y rattachant (dans le cas immigrationniste). Les deux entretiennent bien volontiers le culte de l’État et des idoles à la mode. Hayek avait effectivement raison. En théorie, le socialisme est internationaliste, mais dès mis en pratique, au final, il devient violemment nationaliste (il suffit de voir Bernie Sanders aux Etats-Unis qui souhaite fermer les frontières, car ouvrir les frontières se résume pour lui à une idée de droite car capitaliste). Comme le dit si justement Ludwig Von Mises dans son livre Le Socialisme : « Les ouvriers qui accourent en foule à un certain endroit y pèsent sur la productivité-limite [marginale]. Le revenu du travail, le salaire, baisse, et par là un tort est causé aux ouvriers qui travaillaient en cet endroit avant l’immigration. Ces ouvriers voient dans les immigrés la cause de leurs salaires réduits. Leur intérêt particulier exige une prohibition de l’immigration. Empêcher l’afflux de nouveaux ouvriers devient un point du programme de la politique particulière de tous les groupements d’ouvriers. » Nous sommes donc enfermés dans un système où opposants et partisans de l’immigration sont favorisés, à l’inverse des individus souhaitant librement y consentir ou non. La crise des migrants est donc, encore une fois, une crise de l’Etat contre l’individu.

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Un commentaire

  1. JE SUIS PRESQUE TOUT A FAIT D’ACCORD SAUF POUR LA FIN OÙ TU N’A PAS PRÉCISER QUE LA PRODUCTIVITÉ marginale, donc par conséquent le salaire diminue dans l’interval d’un palier au délà duquel il augmente….

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